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Revenge is a dish best savoured cold {Lyov}

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MessageSujet: Revenge is a dish best savoured cold {Lyov} Jeu 6 Mai - 12:46

    Le cœur battant, les yeux d'une dureté de diamant, une jeune femme à l'allure plutôt frêle fit son entrée dans un de ces bars chics de Wellington, ceux qu'on met toujours des jours avant de trouver parce qu'ils sont plutôt discrets, sans enseigne tapageuse signalant "Ici bar super-trop-hypra-classe". See what I mean ? Continuons donc. La porte se fermant derrière elle, elle resta quelques instants immobile pour laisser ses yeux s'habituer à la semi-pénombre. C'est que dehors, il faisait encore jour assez tard. Et vu que Jezabel avait tout le temps qu'elle voulait devant soi, n'ayant pas besoin de rentrer chez elle pour faire un rapport quelconque à son père par le téléphone, ou appeler Pip chez la tante Inga pour prendre des nouvelles des frères et sœurs laissés en Australie, elle était venue ici assez tôt dans la soirée. Ça faisait quelques semaines maintenant qu'elle était toute seule à Wellington. Quelques semaines que son frère avait été tué. Et elle avait passé ces longs et pénibles jours à chercher toutes les informations et tous les témoignages qui lui permettraient de savoir ce qui s'était passé. Et de connaître surtout -si ce n'était l'identité- au moins le visage de celui qui l'avait privée, elle, de son frère. S'avançant entre les tables basses entourées de fauteuils de cuir plutôt usé, elle observait le lieu, le découvrant pour la première fois. Elle avait enfin trouvé où ce maudit être passait le plus clair de son temps. Elle avait cherché longtemps, elle avait fini par trouver. Comme quoi, avoir un joli minois et s'en servir parfois pouvait aider à trouver quelqu'un. Hacker aussi, ça servait. Mais nous ne dirons pas qu'elle l'avait fait, cette pratique étant parfaitement illégale il eût été sot qu'on puisse l'en accuser. Le principal, c'était qu'elle savait où elle pouvait le confronter. Enfin, le confronter, elle n'allait pas non plus lui faire face et l'accuser direct d'avoir tué son frère qui n'avait rien fait de mal. D'abord, elle voulait apprendre à le connaître. Au moins gagner sa confiance, vous voyez ? Bon, elle était sûre que ça ne se ferait pas en deux temps trois mouvements. Ça prendrait du temps, bien entendu. Mais la difficulté ne la faisait pas reculer. Le problème, c'est qu'elle avait un peu de mal à chasser de son esprit les images du corps de sa mère et du corps de son frère. Ce qui est fatiguant, quand on a déjà vu un cadavre d'une personne proche -très proche même-, devient terrifiant et plus ou moins hantant quand on a vu un deuxième corps et qu'on se retrouve toute seule dans une ville où les rares amis qu'on s'y est fait ne savent pas qui nous sommes réellement. En même temps, se pointer à Wellington en signalant à tout le monde que des exorcistes venaient d'arriver, c'était soit déclencher la panique, soit signaler à toutes les créatures pas nettes qui créchaient dans le coin qu'ils avaient leur quatre-heures qui était servi sur un plateau. Ils avaient fait le bon choix de ne pas donner leur véritable nom, ni leur profession. Sauf que maintenant qu'elle se retrouvait toute seule à Wellington, Jezabel n'était pas vraiment très rassurée. Le pire était qu'elle n'avait pas réussi à joindre son père depuis plus d'une semaine, il était reparti elle ne savait pas où. Il ne savait pas que son fils aîné était mort, que sa fille aînée était bien mal barrée dans une ville où ça commençait à craindre de plus en plus. S'il l'avait su, nul doute qu'il aurait pris le premier avion -même si non direct- pour la Nouvelle-Zélande. Mais puisqu'il était injoignable, Jezabel n'aurait aucun secours d'ici un certain temps. Alors, laissée à elle seule, elle risquait de faire des bêtises.
    Mais vu qu'elle avait décidé d'attendre avant de venger son frère -car elle le vengerait, elle le jurait sur la Bible qu'elle ne connaissait toujours pas par cœur- il lui fallait être patiente (ce que, heureusement, elle était). C'est pour cette raison qu'elle finit par s'installer au comptoir, son sac suspendu au dossier de sa chaise haute, et qu'elle commanda une limonade. Il ne lui restait plus qu'à passer le temps et espérer que l'autre viendrait ce soir. Jambes se balançant dans le vide, Jezabel s'arracha un ongle qui avait pourtant bien repoussé, puis un deuxième. Et puis elle se rendit compte qu'elle était en train de tuer ses progrès des derniers jours. Elle n'arriverait jamais à se débarrasser de cette vilaine manie. Pas qu'elle était condamnée sur ce coup-là, mais vu comment elle était facilement nerveuse, ça ne cesserait pas de sitôt. Elle avait beau avoir la tête froide, une patience à toute épreuve et d'autres qualités, elle était nerveuse et sa nervosité ne cessait de grandir toujours plus. Pourquoi ?

        Wellington ••• several days ago

      Comme on vous l'a dit plus tôt, elle avait découvert le cadavre de sa mère le jour de son dix-huitième anniversaire. Plus récemment encore, elle avait senti que quelque chose était arrivé à son frère jumeau alors qu'il était sorti pour faire un tour dans Wellington. Elle, elle s'était endormie, fatiguée de ses dernières journées. Elle s'était réveillée en sursaut, au beau milieu de la nuit, paniquée et en sueur. Seule dans l'appartement, elle avait fait le tour des pièces, appelé son frère d'une voix tremblante. Et le manque de réponse dans l'appartement l'avait poussée à composer le numéro du portable de son jumeau. C'était à partir du moment où il n'avait pas répondu qu'elle avait foncé à son ordinateur et avait téléchargé un logiciel de traçage. Il était encore à Wellington, dans une ruelle improbable. Elle avait pris un manteau, mis ses chaussures et elle avait foncé, sans même penser à fermer sa porte. De toute façon, vers deux heures du matin, personne n'aurait eu l'idée de se rendre à un étage où la lumière était allumée sur la rue. Ça laissait croire que les gens étaient réveillés. Mais donc, elle avait couru, manqué de se casser la figure plus d'une fois, se rapprochant toujours plus du lieu d'où émettait le portable de son frère. Elle y était arrivée cependant trop tard. Steven était seul, son cadavre jonchant le sol tâché de son sang. Elle s'était effondrée, la voix lui avait manqué, elle avait secoué le corps inerte de son frère, refusant de croire à ce cauchemar. Ça n'avait pu être vrai, pas lui, pas maintenant ! Il n'avait pas le droit ! Une lucidité stupide l'avait poussée à tenter de faire un massage cardiaque à son frère… en vain, bien sûr. Un oiseau de nuit passant au dessus de la ruelle lui fit lever la tête avec le claquement sourd de ses ailes. Et puis elle s'était mise à sangloter, recroquevillée sur elle-même, gémissant des plaintes au Ciel, à ce maudit Dieu qui n'avait rien fait… Oh, si elle avait su pourquoi Steven était dehors à une heure pareille, elle aurait peut-être été plus choquée que déprimée. Mais vu qu'elle ne le savait pas, elle avait réagi avec logique, pleurant la mort de son frère jumeau qu'elle aimait tant. Des voitures passaient dans les rues perpendiculaires, le jour avait fini par se lever, Jezabel était toujours auprès du cadavre de son frère. Elle fouilla finalement dans les poches du mort et en sortit les clés de la Chevrolet. Laissant un instant ce qui restait de Steven, elle alla chercher la voiture, la fit démarrer, cala trois fois, tapa sur le volant, se fit mal à la main, et puis réussit à engager l'automobile dans la ruelle, coffre vers l'intérieur. Arrivée assez près, elle descendit de la voiture après avoir coupé le courant, ouvrit le coffre et hissa le corps de son frère dedans. Ce qu'elle était en train de faire ? Elle ne voulait pas qu'il y ait d'enquête. S'il y avait une enquête, leur couverture serait totalement réduite à néant. Elle avait eu quelques heures pour réfléchir. Elle ne savait pas pourquoi Steven était mort, mais en tournant à gauche en sortant de la ruelle, elle avisa une caméra du surveillance à un carrefour, peut-être qu'elle aurait filmé des allées et venues. Et puis elle roula, elle roula, jusqu'à l'adresse où Jebediah habitait, normalement, en retrait du centre-ville. La ferme qu'habitait Jebediah, son oncle, était déserte. Des voisins l'informèrent : il avait quitté les lieux un mois auparavant. Soit au moment où Steven et elle arrivaient. Pourquoi ? Elle n'en saurait jamais rien et les voisins ne le savaient pas non plus. Elle affirma que ça ne dérangerait pas son oncle si elle lui empruntait des outils qu'il avait sans doute rangé dans sa grange. Les petits vieux ne se méfièrent pas et lui dirent simplement de venir les voir si elle avait un quelconque problème avec le cheval. Ouvrant la grange -après avoir coupé le cadenas avec une pince qu'elle avait toujours dans son coffre- elle constata qu'effectivement il y avait un cheval. Elle n'y prêta pas plus attention, cherchant un sac étanche qui pourrait lui servir. Et puis, ne trouvant vraiment rien, elle abandonna sa première idée qui était de conserver le corps de Steven en état pour lorsqu'ils l'enterreraient… Elle referma la grange avec une autre chaîne, remit le cadenas (qui était en fait une molette dont le code était resté celui par défaut : 0000) et repartit, son frère toujours dans son coffre. Elle allait le faire incinérer. Ou l'incinérer elle-même. Qu'importe comment elle fit, au final, les cendres de son frère reposaient à présent dans une urne en faïence, sur une table ronde dans un coin du salon. Elle n'avait aucune idée de comment il aurait voulu être traité après sa mort. Elle avait agi dans l'urgence. Elle avait été assez astucieuse, quand même, hein ? Et elle l'avait été encore plus lorsqu'elle s'était mise en quête d'information sur ce qui avait bien pu se passer cette nuit-là.

    Elle avait mis ses questionnements sur les événements étranges entre parenthèses. D'abord trouver l'assassin de Steven, apprendre à le connaître, et venger son frère bien-aimé. Et après, elle repartirait à la chasse aux vilaines bébêtes. Sa limonade venait de lui être sortie et elle fouillait déjà dans son sac, non pas pour payer, mais pour en sortir un volumineux livre sans titre sur la couverture. La Bible. Oui, même si elle ne croyait définitivement plus en Dieu pour le moment, elle allait s'occuper en attendant l'autre assassin. Et rien de tel pour s'occuper et pour passer le temps que de lire un livre interminable, hein ? C'était soit la Bible, soit un livre sur les Arts du Macramé (acheté dans une brocante le matin même, et qu'elle comptait offrir à Beth une fois qu'elle serait de retour à Sydney). On trouvait des choses, des fois…Appuyant l'épaisse tranche de l'ouvrage sur le bord du comptoir, elle but une gorgée de la limonade qu'on lui avait servi et se plongea dans sa lecture. Où elle en était ? Elle n'aurait su vous dire. Elle venait de terminer le Lévitique, et était passé à la partie suivante, mais de là à ce qu'elle sache où elle en était précisément, non. Ce qui l'intéressait, c'était ce qu'elle pouvait lire, pas là où elle en était. Il devait bien y avoir quelque chose dans ce texte sacré qui pourrait l'aider soit à trouver la paix intérieure, soit à comprendre ce qu'il se passait, ici. Ou pas ? Mmh. Plongée dans sa lecture, elle semblait totalement coupée du monde et rien n'aurait pu la déconcentrer… Rien ? Pas même le filet d'air qui vient faire tanguer ses boucles lorsque la porte d'entrée du bar s'ouvrit, un temps indéterminable après qu'elle se soit installée ici ? Son regard glissa vers l'entrée mais elle ne bougea pas sa tête. Ses boucles lui cachaient la vue. Qu'importe. Elle attendrait, elle avait fait ça pendant un certain temps, elle pouvait patienter encore un peu, non ?
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